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Arles César, le Rhône pour mémoire Personne n’est passé devant cette affiche sans émotion. On croit d’abord qu’il s’agit du buste d’un personnage contemporain que des publicitaires ont cru malin de déguiser en statue romaine, puis on comprend. Cet homme au regard trop intelligent n’est plus de notre monde. Cet homme qui contemple, impavide, l’agitation moléculaire et mécanique de la rue, cet homme qui attend, nu et impassible, le passage d’un être humain, cet homme, c’est César, le grand César que les archéologues reconnaissent à cause d’un détail de son anatomie qui est ici représenté : « un creux très rare chez l’homme, au-dessus de la pomme d’Adam. » Certains reconnaissent cependant qu’il existe un doute quant à cette identification.
Cette pièce en marbre est exceptionnelle par le réalisme de sa facture, mais aussi par l’extraordinaire degré de conservation et l’émouvante qualité de restitution d’un monde disparu ; elle a été découverte (inventée, dit-on en langage archéologique, mais ça, cette merveille, ça ne s’invente pas) en 2007, dans les méandres boueux du Rhône qui traverse la ville d’Arles, Arelate la romaine. L’exposition de cette pièce maîtresse se tient depuis le 24 octobre 2009 au musée départemental Arles antique mais vous pourrez encore l’admirer jusqu’au 19 septembre de l’année 2010. Ce buste magnifique n’est pas seul, bien sûr, à justifier le déplacement. L’exposition de plus de 700 pièces pêchées dans les eaux troubles du Rhône se nomme : César, le Rhône pour mémoire, 20 ans de fouilles dans le fleuve à Arles. La brochure qui a été éditée à cette occasion nous raconte les difficultés de cette archéologique sous-marine, ou plutôt subaquatique car « plonger dans le Rhône est très différent d’une plongée en mer. La visibilité, quand elle est exceptionnelle, comme cette année, est de 2 ou 3 mètres. Après une crue, elle est inexistante. Quelques jours plus tard, elle ne dépasse pas 20cm ». Une campagne de plongée, épuisante mais passionnante, dure environ deux mois et coûte entre 150 000 et 200 000 euros. Ces recherches révèlent peu à peu l’existence d’une ville à la fois résidentielle, monumentale et industrieuse sur la rive droite du Rhône, dans le quartier dit de « Trinquetaille » qui devait abriter entre 30 000 et 60 000 habitants, ce qui constituait, dans l’Antiquité, la population d’une grande ville. Bien évidemment, on en profitera pour voir et revoir tout l’exceptionnel patrimoine antique de cette ville d’Arles, dont le grand amphithéâtre romain, qui reste, de nos jours, l’une des plus majestueuses places de la tauromachie mondiale.
de 18h à 20h un vendredi sur deux. |



