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On ne sait plus si les « festivaliers », comme on les appelle désormais, sont venus pour la musique, le théâtre, la photo, la danse ou toute autre manifestation culturelle, ou s'ils sont venus pour l'été, ou bien pour la Provence ; nous dirons qu'ils sont venus, pour donner un exemple, pour écouter les plus grands pianistes à La Roque d'Anthéron, parce que c'est en Provence, parce que c'est l'été et parce que, quelquefois, le chant strident des cigales couvre les notes de piano, et que ce qui passerait pour un désagrément ailleurs constitue ici l'art subtil du bonheur et du bien-vivre.
À Lacoste, à Aix-en-Provence, à Salon-de-Provence, le spectacle est aussi aux portes du festival, les badauds se réjouissant de découvrir les tenues des festivaliers ; c'est parce qu'on s'habille pour l'occasion, hommage rendu à la beauté des lieux, des œuvres, des artistes et... à soi-même.
On vient de loin, de très loin, des antipodes, pour ces fêtes qui durent quelquefois un mois, comme à La Roque d'Anthéron et qui accueillent parfois des milliers d'artistes, comme à Avignon.
Est-ce la Provence qui a inventé le « festival », parce que, dans « festival », il y a « fête » et « estival » ? En tout cas, ce sont les « Chorégies d'Orange », qui accueillent les plus grands opéras, dans le cadre prestigieux du Théâtre antique, qui sont les plus anciennes de ces fêtes puisque la première manifestation moderne, c'est-à-dire bien après les festivités romaines, s'est déroulée en 1869.
Mais il y a aussi les « Musiques dans la rue », accessibles à tout le monde, dans les rues chaudes et élégantes d'Aix ou sur les places de n'importe quel village provençal, qui présentent tous des spectacles de grande qualité et qui offrent l'avantage d'être gratuits.
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