Les fêtes traditionnelles

Rien ne nous montrera mieux sur les peuples que leurs fêtes traditionnelles !

fetes traditionnellesDans la majorité des cas, ces fêtes traditionnelles sont liées au calendrier religieux catholique.
Du temps où la terre de Provence fut peuplée des Ligures et Celtes, les fêtes païennes dominaient les cérémonies, le culte des druides était répandu. Après son invasion par les Romains les dieux romains prédominaient, puis  la religion chrétienne se répandit.
En effet, vers le 4ème siècle, malgré "la résistance" des  dieux romains, qui ne voulaient pas quitter cette terre de soleil et "devinrent violents" pour préserver leurs cultes, avec l’évangélisation de la Provence la chrétienté définitivement domina.

La révolution Française a de nouveau fait vaciller ces traditions bien ancrées et mis en avant de nouvelles valeurs citoyennes et républicaines.

Ces valeurs républicaines triomphent, mais les traditions continuent de vivre dans la mémoire des « citoyens ».

Au début de XX siècle en Provence on remarquera sous l'impulsion de Frédéric Mistral d'un regain d’intérêt pour les traditions et à la culture provençale en général.

Les fêtes, pour beaucoup à caractère religieux, sont liées à son calendrier, telles Noël, Pâques, Les Rameaux, l’Ascension, saint-Eloi etc.

D’autres fêtes font référence à la terre et la récolte, telle la fête de la vigne, du blé ou du riz, par exemple. A la montagne la transhumance, à la mer avec celle des pêcheurs, et bien grandes manifestations comme les cavalcades, lâché de taureaux etc.

 

 

Les fêtes de l'hiver  en Provence

De l’Avent à Caramentran, en passant par Noël

 

 



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De l’Avent à Caramentran, en passant par Noël :

Ces fêtes de l’hiver sont la « période des exorcismes. L’homme assiste à la lutte entre l’hiver et l’été, entre les forces de mort et celles de résurrection. C’est en vue de hâter le retour de la belle saison que se succèdent les fêtes de l’hiver » Fernand Benoît, La Provence et le Comtat Venaissin, arts et traditions populaires

 

Chaque saison est une bonne occasion de faire la fête en Provence. De la plus lointaine origine celto-ligure jusqu’aux fêtes profanes post-révolutionnaires, les diverses strates liturgiques et festives se sont empilées sans que la plus récente ne se substitue à la précédente : on les conserve toutes. C’est un peu comme pour les jours fériés, et de récentes polémiques administratives sur le sujet (la Pentecôte, en l’occurrence) nous ont divertis un temps en nous délivrant un message de bon sens : on ne légifère pas sur la fête et, surtout, on ne la supprime pas.

La période d’hiver en Provence va, évidemment, plus concerner des réjouissances intimistes, familiales, communautaires que de grands rassemblements festifs extérieurs. Les Provençaux, dehors, n’aiment que le beau temps. La pluie et le vent, le fameux mistral, les dérangent et les attristent. La neige les égayent un moment, un ou deux jours, pas plus, parce qu’ils n’en ont pas l’habitude.

 

L’Avent

Les fêtes d’hiver commencent en Provence avec la tradition chrétienne de l’Avent qui permettait, comme son nom l’indique, de préparer Noël. Le quatrième dimanche avant Noël, on allumait une bougie, suivie d’une autre le dimanche suivant, etc. Cette coutume vient des temps les plus anciens, et le socle spirituel est toujours le même : il s’agit de remplacer le soleil, donneur de vie, qui s’en va lentement déclinant, par ce que savent faire les hommes de ce qui s’en rapproche le plus : le feu.

Dans le Comté de Nice, autrefois, « les abbés (de la Jeunesse) faisaient jouer des aubades pendant l’avent aux portes des filles du village et chacune d’elles présentait aux fêtes de la Noël un gâteau plus ou moins gros que l’on avait soin de marquer pour reconnaître qui l’avait fourni. Alors, un jeune paysan montait sur des tréteaux et annonçait, avec toute l’éloquence dont il était susceptible, que l’on allait mettre aux enchères ces petits cadeaux. Il présentait successivement ces gâteaux et ne manquait jamais de prodiguer son ardeur en faveur de la beauté et de la vertu. Les enchères montaient plusieurs fois à des prix forts hauts, lorsque la fille qui avait donné le gâteau avait plusieurs adorateurs : ces rivaux, jaloux de posséder ce précieux travail des mains de leur idole, se disputaient à l’envi la gloire de l’enlever à prix d’argent. » (tiré du Manuel de folklore de Van Gennep)

 

Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn

Ce dicton provençal signifie : quand le blé vient bien, tout vient bien. Il s’agit ici des grains de blé que l’on fait pousser, à la Sainte-Barbe, le 4 décembre, dans de petites assiettes ; les grains sont plantés dans du coton et arrosés d’eau ; les jeunes pousses d’un vert tendre symbolisent la fertilité et les futures récoltes à venir. « Dès le début de décembre, l’homme pense à la promesse d’une récolte prochaine, que porte en elle la terre gelée par le froid – selon le sens profond du mythe de Déméter et de Coré, dont la poursuite symbolise le cycle de l’hiver et de l’été. » (Fernand Benoît)

 

Noël

On sait que la fête de Noël a des origines païennes, l’Eglise ayant voulu récupérer à la fois les festivités solsticiales du 21 décembre et la naissance, le 25 décembre, du dieu iranien Mithra, autrement nommé Sol Invictus, adoré par les légions romaines. Ici encore, le symbolisme est très clair : il s’agit de compenser la mort du soleil, de la lumière, et celle de la nature, de la fertilité, morts toutes deux provisoires, par des simulacres qui permettent d’attendre le retour du printemps sans se désespérer. Le mot même de Noël vient du gaulois Noio hel, et, à la suite, du francique, neu helle, en grec neos et helios : nouveau soleil. Dans le monde romain, les fêtes qui ont donné naissance à celles de Noël s’appelaient les Saturnales, du 17 au 24 décembre, et étaient suivies des Sigillaires. On s’échangeait des cadeaux en l’honneur de la déesse Strenia, tradition d’où viennent le mot et la coutume des étrennes du premier de l’an.

 

La crèche et les santons

On reconstitue, dans chaque foyer, au pied du sapin de Noël, la crèche composée de santons (voir article) qui représentent les personnages et les animaux de la Nativité chrétienne. C’est autour de la crèche que les enfants, au matin du 25 décembre, trouveront les cadeaux apportés par le Père Noël. Les crèches sont aussi artistiquement composées dans les églises des villages provençaux, quelquefois avec des personnages et des animaux vivants ; on se presse dans certains villages typiques, comme à Séguret, village perché du Vaucluse, ou aux Baux, dans les Alpilles, à Allauch, près de Marseille, pour assister à la messe de minuit, la nuit de Noël. On y chante alors des Noëls, qui étaient des chants d’origine profane et populaire et qui autrefois, n’avaient pas accès à l’église. Les plus fameux chants de Noël sont ceux de Nicolas Saboly, qui les composaient vers la fin du XVIIe. L’image la plus répandue qui symbolise un Noël en Provence est celle du berger cheminant dans les chemins froids vers l’église du village la nuit de Noël avec son troupeau ; il porte un grand manteau de laine et un grand chapeau, et, dans les bras, un agneau. Cet agneau était destiné à être offert à la communauté en signe de prospérité, c’est cette coutume qui donnera lieu aux représentations des « pastorales », pièces de théâtre traditionnelles.

 

Le Cacho-Fio

Le cacho-Fio est, en Provence, une bûche d’arbre fruitier, de chêne ou d’olivier, qui est placée dans la cheminée. Cette tradition est originaire du Nord de l’Europe ; encore une fois, c’est un symbole de continuité du cycle des saisons. C’est le feu, donc le soleil, qui ne meurt jamais : on allumait autrefois la bûche de Noël avec les braises rallumées de la bûche du Noël précédent. La coutume est de nos jours revivifiée avec la fête des solstices et le rituel est illustré par les paroles que Frédéric Mistral rapporte dans ses Mémoires :

Allègre ! Allègre ! Mes beaux enfants, que Dieu vous allègre ! Cacho-fio arrive. Tout bien arrive ! Dieu nous fasse la grâce de voir l’an qui vient ! Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins !

Cette transmission cyclique est encore accentuée par le fait que, en Provence, c’est le doyen, le grand-père, et le plus jeune enfant en état de marcher qui portent ensemble la bûche au feu.

 

Le gros souper

Le gros souper porte mal son nom car il s’agit d’un souper maigre, c’est-à-dire sans viande, qui se consomme la nuit de Noël, après la mise au feu de la bûche, et avant d’assister à la messe de minuit. On y mange traditionnellement des escargots, de la morue frite, du muge aux olives, carde, cardon, salade de céleri, fougasse à l’huile.

Et les treize desserts, dont le nombre rappelle les douze apôtres entourant le Christ : raisins, figues, amandes, prunes, poires, pommes, cédrat confit, confiture de coings, nougat blanc, noir, galettes rondes au lait, pompe, galette à l’huile. Et on termine par un vin cuit.

 

La période du Carnaval

Certaines fêtes d’hiver offrent le sacrifice d’un animal, un petit oiseau, le petouso (le péteux, qui a peur) qui était lâché dans l’église pendant la messe de minuit, comme à Lagnes, dans le Luberon ou, beaucoup plus gros, un bœuf, comme à Barjols, dans le Var, qui était sacrifié, rôti et mangé par la population ; cette cérémonie sacrificielle a toujours lieu le 17 janvier, fête de Saint-Antoine.

« Ces fêtes sont caractéristiques de la période du Carnaval, qui dure du premier dimanche de janvier au mercredi des Cendres mais s’ouvre en réalité, nous l’avons vu, au solstice d’hiver. », dit Fernand Benoît.

On tire les Rois au début janvier, à l’Épiphanie ; la galette des rois représente bien sûr la couronne royale, le Christ, roi du monde, mais aussi le soleil, et donc la lumière. L’Épiphanie, c’est la « fête des lumières » ; l’un des rois mages est Melchior, en hébreu, Melki-Or, Roi de la Lumière ; à Velleron, près de l’Isle sur la Sorgue, et à Jonquières, près d’Orange, on abandonnait au cours d’eau des petites coquilles de noix garnies d’une bougie ; elles filaient jusqu’à… la Chandeleur, le 2 février ; cela se pratique encore dans le nord de la France ou en Belgique. Ces fêtes se souviennent d’Imbolc, la fête celte qui consacre en février la lune montante, qui monte comme la crêpe ronde qu’on envoie en l’air pour la retourner dans la poêle.

Selon Jean-Paul Clébert (Gens du Sud, les fêtes de Provence, Aubanel, 1982), le mot »carême » qui vient de quadragésime, premier dimanche de la période de pénitence, et désigne celle-ci, a donné naturellement celui de carême-entrant ou carême-prenant pour distinguer les trois jours gras précédant le jeûne obligatoire. Puis, tout aussi naturellement, il s’est appliqué à sa représentation symbolique, le mannequin personnifiant le Carnaval que partout l’on promène dans les rues, le Mercredi des Cendres, et qu’on brûle en place publique comme l’on brûlait en effigie les personnages condamnés par la vindicte populaire ; En Provence, selon les régions, il se nomme Carmentran, Caramentran, Carmentrant… le mot « Carnaval », lui, vient de l’italien « Carnevale » : levare : ôter, carne : la viande. Les trois jours précédant le Mercredi des Cendres sont des jours gras où l’on se prépare au jeûne du Carême… en mangeant beaucoup, en festoyant et en se travestissant.

C’est le Carnaval. On y chasse l’hiver par la condamnation et la crémation d’un bouc-émissaire, le Caramentran, qui prend les mauvais esprits avec lui ; on prépare alors le « nettoyage de printemps » de l’organisme par un dernier festin avant ce jeûne qui permettra d’éliminer les toxines accumulées durant l’hiver. Le christianisme commémore par le Carême la période qui va de la mise au tombeau du Christ jusqu’à sa résurrection, donc du Mercredi des Cendres jusqu’au Dimanche de Pâques.

 

 

 

 


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